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UNE DÉLÉGATION DU MCLU A PARTICIPÉ AU SYMPOSIUM DE LA 40ème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DE SHELTER-AFRIQUE A YAOUNDÉ

Mercredi 23 Juin 2021


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Le Symposium de la 40éme Assemblée Générale Annuelle de SHELTER-AFRIQUE de l’année 2021 sur le thème : "Quatre décennies de politique du logement en Afrique : cartographie sur les quarante prochaines années" continue. Le mercredi 23 juin, tous les participants ont une nouvelle fois pris part aux travaux sur ce thème choisi par l’organisme SHELTER-AFRIQUE.


Selon le Directeur Général de SHELTER-AFRIQUE, Andrew Chimphondah, il était important après quarante ans de marquer une pause pour faire le bilan ainsi que le diagnostic sur la question du logement et de l’habitat en Afrique. Puis, de réfléchir aux outils à mettre en place pour améliorer ce qui doit l’être, rectifier et ajuster les différents mécanismes susceptibles d’apporter des réponses et des solutions à toutes ces préoccupations et autres questionnements sur les politiques mises en place tant au niveau national qu’international. Il était également important pour SHELTER-AFRIQUE de réunir toutes les intelligences de ce secteur-clé pour le développement d’une nation pour les défis de demain ; lesquels défis ont déjà commencé eu égard au nouveau visage de l’urbanisation en Afrique.

Pour ce faire, six sous-thèmes ont été identifiés par le panel mettant l’accent sur les liens entre la politique et le Nouvel Agenda Urbain, le rôle des promoteurs dans la mise en œuvre des politiques de logement en Afrique, politique et logement au Cameroun, la transformation économique de l’Afrique : pourquoi le logement est important, le rôle des institutions financières de développement dans la mise en œuvre de la politique de l’environnement bâti en Afrique et le rôle des institutions financières de développement dans l’autonomisation des systèmes de logements locaux.

Après l’ouverture du symposium par le Monsieur Andrew Chimphondah , les participants sont entrés de plain-pied dans le sujet avec l’exposé de Dr Rémy SIETCHIPING, Chef de section politique, législation et gouvernance à l’ONU-HABITAT. Une intervention articulée autour de trois points : le rôle de l’ONU-HABITAT et le logement dans l’agenda mondial et celui de l’ONU-HABITAT, les défis de l’urbanisation et du logement en Afrique, le travail et les outils de l’ONU-HABITAT. Organe des Nations Unies, l’ONU-HABITAT, qui a pour mission de superviser la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain qui conseillera la politique d’urbanisation pour les dix prochaines années est présente dans 59 pays et est au service de 95 pays à travers le monde. Selon l’orateur, 66% de la population mondiale vivra en milieu urbain d’ici 2050 et que dans le Nouvel Agenda Urbain, il est fait mention du droit au logement décent pour tous, l’accès équitable aux infrastructures et services et un logement décent et abordable.

Relativement aux défis de l’urbanisation et du développement en Afrique, celui-ci s’est d’abord orienté vers les opportunités de mise en œuvre des politiques de logement en Afrique qui doivent être axés sur l’augmentation de l’offre en logements, l’accroissement de l’accès sécurisé, à une révision du cadre réglementaire, les programmes de logements locatifs basés sur la communauté, les coopératives et les organismes sans but lucratif ainsi que la construction progressive de logements.

Selon lui, les grands défis de la politique du logement tournent autour de l’accessibilité du logement car le logement formel le moins cher est hors de portée pour environ 64% des ménages, de la structuration de l’informel quand on sait qu’un quart de la population urbaine vit dans des bidonvilles dans les pays en développement et qu’il fournit 60 à 70% de logements urbains en Zambie et jusqu’à 90% au Ghana. Il s’agira en plus de lutter contre les expulsions forcées et contre le sans-abrisme qui est une violation du droit au logement.

Abordant le sujet du Travail et des Outils de ONU-HABITAT, il a fait savoir que les travaux en cours se concentrent essentiellement sur la politique du logement et de financement, le logement vert et durable ainsi que le pacte pour le logement.

Monsieur NOURIDINE Fisli, a quant à lui insisté sur l’apport des promoteurs immobiliers dans la production et l’amélioration du logement et de l’habitat qui se heurte malheureusement à trois problèmes constitués par les 3 F c’est à dire le foncier, le financement et la fiscalité. Trois domaines qui continuent de constituer des entraves et de ralentir l’offre proposée aux populations africaines.

Le Directeur Général Adjoint de la Société Immobilière du Cameroun, Monsieur NOUDJEU Clovis s’est pour sa part appesanti sur le cas de son pays, le Cameroun en présentant la nouvelle Politique Nationale de l’Habitat en cours d’élaboration qui a pour rôle de : « diversifier l’offre de logements convenables pour tous et améliorer les cadres de vie de toutes les couches de population tant en milieu urbain que rural. »

Avec le Chef Urbanisation et Développement Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, Monsieur Edlam Aber YEMERU, les discussions ont porté sur "La transformation économique de l’Afrique : Pourquoi le logement est important." Son argumentaire s’est articulé autour de quatre points : le programme de transformation économique de l’Afrique, l’état de l’économie africaine, le mode de construction de l’avenir et le rôle économique du logement. Il a dit en substance que le programme de transformation économique de l’Afrique a pour objectif principal de rendre l’Afrique prospère sur la base d’une croissance inclusive et de développement durable en tablant sur la réduction d’ici 2033 de 25% du taux de chômage et de chômage vulnérable, de 30 % au niveau de la pauvreté, 10% les bidonvilles et d’une augmentation de 10% minimum du nombre d’édifices urbains certifiés énergiquement intelligents. Concernant l’état de nos économies, le déficit budgétaire est passé de 3.0% du PIB en 2019 à 8.1% en 2020. Ce qui représente un déficit de financement à hauteur de 345 milliards de dollars. Dès lors, le mode de construction de l’avenir devra s’appuyer sur l’accélération de l’industrialisation pour susciter une croissance riche pourvoyeuse d’emplois, sur la création d’une zone de libre-échange continentale africaine et une union douanière afin de doper le commerce intra-africain. Il a également mis en évidence le rôle majeur de l’économie du logement car l’investissement dans le logement représente 6% du PIB, favorise la croissance économique, intensifie le commerce et la fabrication inter-régionaux (40% de ciment et de clinkers sont issus des échanges inter-africains) sans oublier que la construction d’une maison permet de créer cinq emplois.

Le Directeur de division, Développement urbain à la Banque Africaine de Développement, Monsieur Stefan ATCHIA, a planché sur "Le rôle des institutions financières de développement dans la mise en œuvre de la politique de l’environnement bâti en Afrique". Il est revenu sur les nombreux défis auxquels sont confrontés nos pays particulièrement celui du logement. En effet, tandis que la croissance urbaine au plan mondial est de l’ordre de 2%, celle de l’Afrique frôle les 4.5% en moyenne chaque année. Résultat : la population urbaine représentera plus de 80% de la population totale africaine. Ce qui induit une importante demande de logements. Après avoir évoqué les instruments bancaires existants depuis 1991 à nos jours, il a mis en exergue la réponse de la Banque Africaine de Développement (BAD) en matière de logement qui a pour but de soutenir les programmes de logement à des prix abordables par le biais du marché hypothécaire secondaire. A ce propos, le Kenya et l’Afrique du Sud bénéficient en ce moment de ce nouveau mode de financement. Il a terminé en donnant des pistes sur les opportunités d’investissements pour solidifier le secteur du logement parce que chaque année en Afrique, 1.1 milliard de jeunes viennent s’ajouter à la population active. Ce qui implique un investissement de l’ordre de 20 à 25 milliards de dollars US et 130 milliards de dollars US pour l’exécution d’infrastructures urbaines et, ce chaque année.

Enfin, Monsieur Simon WALLEY, Spécialiste principal du secteur financier, Finances et Marchés de la Banque Mondiale a à son tour fait le point sur "Le rôle des institutions financières de développement dans l’autonomisation des systèmes de logements locaux". Il s’est d’abord attelé à expliquer le rôle du secteur du logement pour atteindre un grand nombre des Objectifs du Développement Durable (ODD) et, a fait remarquer que le logement favorise une meilleure qualité de vie, rend les villes plus résilientes lorsqu’elles sont construites avec des matériaux durables, embellit de façon significative l’économie, avantage les individus particulièrement dans le domaine de la santé, de l’éducation, du genre, de l’efficacité énergétique et environnementale, optimise le Produit  Intérieur Brut (PIB) à travers l’industrie des matériaux de construction, les revenus fiscaux et la création d’emplois directs. Il a également donné un aperçu des "tendances qui façonnent le secteur du logement" à savoir l’accroissement inéluctable de la population et irrémissible des villes, la densification des espaces bâtis, l’usage de technologies innovantes à des coûts réduits et de qualité, l’importance de la construction de bâtiments verts et résistants aux catastrophes dans le but de diminuer l’impact du changement climatique et améliorer le processus d’accès au financement hypothécaire. Abordant les défis du secteur du logement, il a souligné la demande sans cesse en augmentation des besoins qui s’élèvent aujourd’hui à 100.000 unités par an. Monsieur Simon WALLEY, a insisté sur le caractère impérieux de la disponibilité de logements abordables au regard de la forte augmentation de personnes à revenus faibles (1.6 milliards en 2025), le combat contre l’insécurité foncière, la réduction du délai des permis de construire et les effets négatifs de la pandémie de la COVID-19 dans ledit secteur à cause de la baisse des revenus des ménages. Il a terminé en mettant l’accent sur "le rôle des institutions financières en faveur du logement abordable".

En outre, l’Assemblée a eu droit à la contribution de Madame Hint BENZHA par rapport aux "Leviers sur la politique de l’habitat à faible coût". Elle s’est demandée « Comment articuler de la façon la plus efficace les multiples niveaux d’interventions en vue de contribuer plus efficacement à la production d’un logement abordable ? » La réponse se résume à l’activation de six leviers qui sont la Gouvernance, la planification urbaine, la production, le financement, la mobilisation et la production foncière utilisable et l’optimisation du Parc dira-t-elle.

Après cet état des lieux, tous ont fait des propositions et des recommandations dans le but de donner un second souffle, repenser, redynamiser et réformer en profondeur le secteur du logement et de l’habitat en Afrique, face à des défis de plus en plus nombreux et complexes. Et cela, passe entre autres, inexorablement par des politiques inclusives, des projets innovants et abordables, par l’implication totale des Etats Africains dans la résolution de la question foncière, la célérité dans la délivrance des permis de construire, l’accentuation du partenariat public-privé, la mobilisation de l’épargne des ménages, l’amélioration des données économiques et le suivi du secteur du logement. Favoriser la coordination entre la Banque Mondiale et la Société Financière et Internationale (SFI) afin de transformer et assainir les institutions d’épargne et de crédit, et de rassembler les investissements des banques hypothécaires privées locales dans une société de titrisation des prêts hypothécaires, s’assurer de la capacité technique et opérationnelle du Développeur, à entreprendre et surtout à conduire un projet, faire participer le ministère des finances dans la politique de mise en œuvre du logement, mettre au centre du programme "Construire en mieux l’Afrique" le logement. Faire en sorte que SHELTER-AFRIQUE travaille de concert avec les institutions financières et les Etats, dans le but de réduire les taux d’intérêt sur le financement des promoteurs et des acquéreurs. Obliger les Etats à mettre en place et en œuvre toutes les batteries d’exonération fiscale en faveur des promoteurs et des acquéreurs, sur toute la chaîne de production des logements.

SERCOM

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▶ Atelier d’élaboration du rapport d’auto-évaluation de fin de mise en œuvre du PAN 5 - Maison de l’Entreprise (Plateau-Abidjan)

Du vendredi 14 août 2026 au samedi 15 août 2026

▶ 6ième édition de la Foire Internationale de l’Art Contemporain d’Abidjan -Thème : « Comment rendre l’art accessible à tous ? » - Sofitel Hôtel Ivoire (Plateau-Abidjan)